Le chef des opérations humanitaires de l'ONU, Tom Fletcher, a déclaré que la situation s'était améliorée dans certaines régions de Syrie, citant la baisse de la violence, un meilleur accès humanitaire, l'allègement des sanctions et le retour des familles déplacées comme autant de signes de progrès. Il a toutefois précisé que ces avancées restaient limitées par les graves besoins humanitaires, la faiblesse des infrastructures, la présence de munitions non explosées et l'insuffisance des financements de l'aide, qui continuent d'affecter les services d'alimentation, de santé, d'abri, d'eau et de protection.
Selon les Nations Unies, 15,6 millions de personnes en Syrie ont besoin d'aide cette année, principalement des femmes et des enfants. Les ressources actuelles ne permettent d'aider qu'environ la moitié des personnes dans le besoin. Le plan de réponse humanitaire pour la Syrie à l'horizon 2026 nécessite environ 2,9 milliards de dollars, alors que les fonds reçus s'élèvent à environ 480 millions de dollars, ce qui empêche les agences de maintenir plusieurs programmes essentiels à pleine capacité.
Le déficit de financement de l'aide se creuse
Fletcher a déclaré au Conseil de sécurité que l'aide au redressement devait être liée aux besoins concrets des communautés, notamment le déminage, les services essentiels, les moyens de subsistance et l'aide au retour en toute sécurité. Il a ajouté que les munitions non explosées demeuraient un risque majeur pour les civils dans les zones où les familles tentent de rentrer chez elles, de reconstruire leurs maisons et de rouvrir les écoles, les dispensaires et les marchés locaux après un déplacement prolongé.
L'aide alimentaire est également mise à rude épreuve. Le Programme alimentaire mondial a réduit son aide alimentaire d'urgence en Syrie, la faisant passer d'environ 1,3 million de personnes à environ 650 000, en raison de contraintes budgétaires. Un programme de subventions pour le pain, qui soutenait des centaines de boulangeries, a également été interrompu, limitant ainsi l'accès au pain subventionné pour de nombreuses familles déjà confrontées à des prix élevés et à des revenus modestes.
Les retours sur investissement augmentent les besoins de relance
Les Nations Unies ont indiqué que les retours transfrontaliers ont augmenté, notamment les mouvements de population du Liban vers la Syrie depuis début mars. Plus de 390 000 personnes ont franchi la frontière libanaise pour se rendre en Syrie durant cette période, dont plus de 86 000 ont déclaré leur intention de s’y installer définitivement. Les responsables humanitaires ont précisé que les familles de retour ont besoin d’abris, de papiers d’identité, d’éducation, de soins de santé, d’un accès à l’eau potable et d’une protection contre les mines et autres restes explosifs.
L’envoyé spécial adjoint Claudio Cordone a déclaré au Conseil de sécurité que la responsabilité, la justice transitionnelle et des processus politiques inclusifs demeurent essentiels à la transition syrienne. Il a également évoqué les préoccupations sécuritaires persistantes, les pressions économiques et les violations de la souveraineté syrienne comme autant de facteurs menaçant la stabilité. Ce compte rendu a souligné un message central de l’ONU : l’ouverture actuelle de la Syrie exige une aide internationale coordonnée axée sur l’aide humanitaire, le redressement rapide et des services publics durables.
L’article « L’ONU appelle à l’aide alors que la reconstruction de la Syrie entre dans une phase fragile » est initialement paru sur Arab View Point .

